Résultats attendus, perspectives

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Résultats attendus, perspectives

L’acquisition de données d’observation est à la base de tout travail de recherche. Les progrès dans la connaissance des variations du niveau de la mer n’échappent pas à cette exigence. Or, il n’existe pas encore de service opérationnel pérenne qui diffuserait à la communauté scientifique les observations des marégraphes français, ou les résultats de la surveillance géodésique de ceux-ci. SONEL n’est encore qu’une maquette fragile, même si elle rend déjà beaucoup de services comme l’a montré le colloque SONEL organisé en avril 2006 à La Rochelle. Par ailleurs, il convient de remarquer que l’océan est un milieu turbulent avec des modes de fluctuations lents, de la dizaine d’années au siècle. Imparfaitement modélisé, une observation en continu sur une longue période est par conséquent indispensable pour décrire son état et prédire son comportement.

L’application visée la plus exigeante en termes de métrologie est certainement l’étude des variations climatiques du niveau de la mer en zones littorales. Elle requiert un système d’observation adapté, sur le long terme, et à l’échelle de la problématique. SONEL s’inscrirait donc dans la durée et représenterait une densification à l’échelle nationale des systèmes européen ESEAS et mondial GLOSS. Le niveau marin et ces fluctuations à long terme sont d’un grand intérêt scientifique en raison du recouvrement avec des questions qui relèvent de nombreux domaines. Il convient cependant de souligner que les impacts d’une élévation du niveau de la mer ne se produiront pas graduellement, mais par à-coups, au moment des surcotes marines provoquées par des tempêtes. L’étude des surcotes, et celle de l’évolution de leur fréquence, sont donc essentielles pour prévoir l’évolution et les risques environnementaux dans les régions littorales sensibles à l’inondation ou à l’érosion. Ces études ne peuvent être menées de manière satisfaisante sans une analyse (ici aussi) de longues séries temporelles de marégraphie côtière.

La réunion 2007 des experts du programme mondial GLOSS de surveillance du niveau de la mer a rappelée les difficultés rencontrées actuellement pour estimer des mouvements verticaux du sol à partir des techniques de géodésie spatiale, et notamment du GPS. Les mêmes mesures traitées par des équipes différentes, avec des logiciels différents, donnent des résultats sensiblement différents, même sur des séries temporelles de plusieurs années. Des études doivent encore être menées, aussi bien sur les phénomènes géophysiques (troposphère) que physiques (antenne) ou géodésiques (réalisation et stabilité à long terme du repère de référence par solutions GPS). Dans ce contexte d’incertitude, la constitution d’une banque de données et d’archivage de toutes les mesures et méta-données pertinentes semble essentielle. Cela comprend bien sûr les mesures GPS, mais également les mesures de marégraphie ou les rattachements par nivellement, ainsi que toutes les données complémentaires qui permettraient de mieux comprendre les signaux géophysiques. L’idée est d’archiver les mesures aussi rigoureusement que possible pour les traiter, ou les retraiter, dès que les phénomènes qui affectent la composante verticale du GPS seront mieux maîtrisés. Cette démarche n’est pas originale, mais aussi modeste puisse-t-elle paraître, elle s’est souvent révélée déterminante (Tycho Brahé, Lalande…).

Le maintien à long terme d’une activité régulière de service scientifique et technique tel que SONEL est difficile pour les laboratoires de recherche universitaires. Ces derniers sont en effet tenus de faire évoluer sans cesse leurs travaux, au détriment d’activités de base de longue haleine comme l’observation, la collecte, le contrôle, l’archivage et la diffusion des données qui ne pourront être interprétées à court terme. Inversement, un système de mesure et de surveillance tel que SONEL est intimement lié à une activité de recherche. Nous sommes aux limites métrologiques de la marégraphie et de la géodésie spatiale pour certaines applications scientifiques. Un développement satisfaisant de SONEL ne pourra donc s’envisager à terme sans un soutien scientifique et technique reconnu. Une labellisation INSU semblerait un cadre national idéal pour développer SONEL.